Opuntia stricta, l'Oponce stricte, originaire de l'Amérique centrale et du sud des États-Unis. Devenue envahissante en Afrique du Sud, en Australie et en Nouvelle-Calédonie, elle figure dans la liste, établie par l'IUCN, des 100 espèces parmi les plus envahissantes au monde[1].
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Opuntia stricta (Haw.) Haw. var. dillenii (KerGawl.) L.D.Benson
Opuntia tenuiflora Small
Opuntia tunoides Gibbes
Opuntia zebrina Small
Statut de conservation UICN
LC : Préoccupationmineure
Statut CITES
Annexe II , Rév. du 23/06/2010
Description
Fruits et raquettes d’Opuntia strictaFleur
Aspect général
L'espèce se présente comme une plante grasse pérenne[2]. En Afrique du Nord[3], son port est plus ou moins ramassé et buissonnant.
Tiges
Les tiges, charnues et aplaties, forment des raquettes (cladodes) mesurent moins de 20-25 cm[réf.nécessaire]. Elles sont ornementées d’aréoles rares (< 100, voire 50 par face) laissant voir majoritairement l’épiderme, avec souvent une ou plusieurs épines jaunâtres, au moins près des bords et vers l’apex.
Fleurs
Les fleurs sont solitaires, formées par de nombreuses pièces membraneuses, rougeâtres à jaune clair. Leur diamètre est de 6 à 7 centimètres[2]. Elles sont éphémères et mellifères[4].
Fruits
Les fruits sont plus ou moins pyriformes, toujours de teinte pourpre. Ils mesurent 4 à 6 centimètres de longueur et contiennent de 60 à 180 graines (qui peuvent rester viables plus de 10 ans), jaune à marron clair, incorporées dans la pulpe du fruit. Les fruits étant appréciés par les oiseaux et les mammifères, leurs graines sont dispersées par zoochorie[2].
Utilisation
Opuntia stricta avec des fruits, Sète, France.
Pour certains ses fruits ont mauvais goût, pour d'autres ils ont un goût délicieux s'améliorant avec l'exposition au soleil. Des jus sont notamment vendus en France[5]. Les figues de Barbarie stricta ont notamment des teneurs en antioxydants (Bétalaines, flavonoïdes) beaucoup plus importantes que l'opuntia ficus indica[6],[7]. Les fruits d'opuntia stricta ont par le passé et de nos jours constitué une nourriture d'appoint en cas de famine, notamment à Madagascar[réf.nécessaire].
Le mucilage à l'intérieur des feuilles est utilisé pour soigner les brûlures et les abcès. Il est comestible au même titre que les fruits[4].
Répartition
Cladodes en train de pourrir à la suite de l'action de Cactoblastis cactorum
L'espèce est originaire d'Amérique Centrale et du sud des Etats-Unis, mais est à présent pantropicale[2]. Elle peut former des massifs impénétrables pour les hommes comme les animaux, et entrer en concurrence avec la flore locale ou parfois créer des zones de refuge.
Espèce envahissante
L'espèce est devenue envahissante dans de nombreuses zones géographiques, et figure dans la liste de l'IUCN des 100 espèces parmi les plus envahissantes au monde[1].
En Australie
Cette espèce a couvert jusqu'à 24 millions d'hectares en Australie en 1920. La lutte biologique avec la cochenille Cactoblastis cactorum a donné de bons résultats, les larves détruisant la plante en y creusant des tunnels, ouvrant la voie à des organismes pathogènes[2].
A Madagascar
Cet Opuntia (noms malgaches raketamena, raketadambo, mavozoloky, raketakendretevo[8]) pose un problème à Madagascar où il a été introduit et propagé. Il envahit rapidement les champs abandonnés où il a servi de clôture vivante. Il fait maintenant l'objet d'un programme d'éradication systèmatique par des moyens mécaniques[9].
En Nouvelle-Calédonie
Sur l'archipel calédonien, il s'est acclimaté vers 1950 et infeste jusqu'aux îlots, où il met notamment en danger l'habitat du Puffin fouquet[2].
Dans le Nord de la Nouvelle-Calédonie, la larve d'un lépidoptère permet de contrôler certains peuplements[2].
Le Code de l'environnement de la Province Sud interdit l’introduction dans la nature de cette espèce ainsi que sa production, son transport, son utilisation, son colportage, sa cession, sa mise en vente, sa vente ou son achat[10].
Groupe espèces envahissantes, Plantes envahissantes pour les milieux naturels de Nouvelle-Calédonie, Nouméa, Agence pour la prévention et l'indemnisation des calamités agricoles ou naturelles (APICAN), , 222p., pp. 134-135
D'après la note d'Errol Vela
Bernard Suprin, Mille et une plantes en Nouvelle-Calédonie, Nouméa, Editions Photosynthèse, , 382p. (ISBN9782952731638), p. 188
(en) Andrea Gómez-Maqueo, Mario Soccio et M. Pilar Cano, «In Vitro Antioxidant Capacity of Opuntia spp. Fruits Measured by the LOX-FL Method and its High Sensitivity Towards Betalains», Plant Foods for Human Nutrition, vol.76, no3, , p.354–362 (ISSN1573-9104, PMID34363561, PMCIDPMC8426225, DOI10.1007/s11130-021-00914-7, lire en ligne, consulté le )
(en) Iván Gómez-López, Gloria Lobo-Rodrigo, María P. Portillo et M. Pilar Cano, «Characterization, Stability, and Bioaccessibility of Betalain and Phenolic Compounds from Opuntia stricta var. Dillenii Fruits and Products of Their Industrialization», Foods, vol.10, no7, , p.1593 (DOI10.3390/foods10071593, lire en ligne, consulté le )
On trouve le terme «raquette» malgachisé.
d'après Per Larsson Introduced Opuntia spp. in Southern Madagascar: Problemms and opportunities"" Swedish University of Agricultural Science, 2004: étude très exhaustive.
Code de l'environnement de la Province Sud, Nouméa, , 346p. (lire en ligne), p. 147
Voir aussi
Articles connexes
Glossaire de botanique
Liste d'espèces invasives classées parmi les plus nuisibles au XXIe siècle
Bibliographie
Errol Véla, «Notes sur les cactus du genre Opuntia s. l. en Algérie et en Tunisie», dans Alain Dobignard et Cyrille Chatelain, Index synonymique de la Flore d'Afrique du Nord volume 5, Genève, Conservatoire et Jardin botaniques de Genève, 2013 (à paraître), p.374-377.
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